Biographie de Hermann

Né en 1938, à Bévercé (commune de Malmedy), Hermann Huppen est marqué, dès son enfance, par la guerre.

Après avoir acquis une formation d’ébéniste, il est engagé chez un architecte. Parallèlement, il suit des cours du soir d’architecture et de décoration à l’Académie des Beaux-Arts de Saint-Gilles.

Désirant faire carrière dans l’architecture au Canada, il s’envole vers ce pays, à l’âge de 18 ans. Il s’y spécialise en aménagement de restaurants. Toutefois, rattrapé par le mal du pays, il décide de rentrer 4 ans plus tard en Belgique.

En 1964, il se marie avec Adeline Vandooren, sœur de Philippe Vandooren, futur directeur éditorial aux Editions Dupuis. Avec ce dernier au scénario, il illustre sa première histoire : une parodie de bande dessinée pour une revue des scouts.

Le scénariste Greg la découvre et propose à Hermann d’illustrer un de ses scénarii : « Les pirates de Lokanga ». Ainsi naît la première aventure de Bernard Prince. Hermann, influencé par le grand Jijé, utilise de gros traits noirs et de larges taches d’ombre et il aboutit à un dessin spécifique.

En 1969, Hermann se lance dans une nouvelle série avec Greg : Comanche. Il surprend son public, grâce au dynamisme de son dessin et à sa force d’expression. Par la suite, les traits noirs s’affinent, des hachures discrètes apparaissent.

En 1977, Hermann ressent le besoin de créer ses propres histoires. Il a toutes les cartes en main pour lancer et réussir sa première série en solo : Jérémiah. Elle est publiée par Koralle, un éditeur allemand. Ni western, ni science-fiction, cette bande dessinée a un côté futuriste inspiré par René Barjavel et démontre, selon les propres termes d’Hermann, « l’inutilité du rêve humain ».

De 1980 à 1983, il illustre Nic, une série publiée dans Spirou et à partir de 1984, il entame une fresque médiévale : Les Tours de Bois-Maury.

En 1995, pour la réalisation d’un one-shot Sarajevo Tango dans la collection Aire Libre chez Dupuis, il abandonne les techniques traditionnelles (crayon et encre de chine) et franchit, avec brio, le cap de la « couleur directe ». Pour cet album, il reçoit prix Oesterheld, du nom du scénariste, ami d’Hugo Pratt, mort sous le joug de la junte argentine.

Sarajevo, 1995     © Hermann

Sarajevo, 1995 © Hermann

En 2000, avec la complicité de Jean Van Hamme, il crée « Lune de Guerre », une œuvre qui dépeint l’absurdité et la bêtise humaine. Ensuite, tout en poursuivant ses séries Jérémiah et Les Tours de Bois-Maury, il collabore avec son fils Yves H., notamment pour Manhattan Beach 1957, Zhong Guo, Liens de sang, The girl from Ipanema et récemment le dyptique Le Diable des sept mers.

Avec 96 albums en 45 ans, Hermann présente une carrière inouïe. Selon les Editions Dupuis,
Hermann se définit comme « un indépendant discipliné, amoureux des images et jaloux de leur liberté ».

L’exposition « des Racines aux planches », en proposant plus de 220 oeuvres, ne pouvait voir le jour qu’à Malmedy où la sensibilité artistique d’Hermann s’est façonnée. Lorsqu’il représente des
troncs d’arbres, des rochers, des sous-bois, des vaches et des chevaux, il exprime un véritable
attachement à son Ardenne natale.

Le 15 mai 2009, Hermann a été élevé au rang de Chevalier des Arts et des Lettres, décoration remise par le ministre français de la Culture.

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